Par Suzanne Philippe

Le cash back, un service qui arrive progressivement en France, permet de retirer de l’argent en espèces chez un commerçant après avoir réalisé un achat par carte bancaire. Mais concrètement, qu’est-ce que le cash back ? Quel bénéfice pour nous ?

Le cash back est une méthode qui existe depuis quelques années dans plusieurs pays. Par la transposition d’une directive européenne, le cash back est désormais disponible en France. Le principe ? On peut retirer de l’argent en espèces lors d’une opération par carte bancaire chez un commerçant.

En Belgique, de 5 à 6% des transactions par carte s’accompagnent d’une demande de cash back. En Allemagne, cette pratique s’est développée à travers le réseau des stations-service, notamment pour des raisons de sécurité : distribuer régulièrement de l’argent liquide leur permet d’en garder moins en caisse. Mais les français utilisent moins de liquide que leurs voisins. Quand le retrait moyen effectué par un allemand à un distributeur automatique de billets avoisine 200 €, il ne dépasse pas 90 € pour un Français. Selon la Banque centrale européenne, le cash back représente 2% des montants en argent liquide retirés en Europe, avec des sommes moyennes retirées de l’ordre de 15 €.

Si le réseau français de 57.000 distributeurs automatiques de billets est dense, il est aussi inégalement répartis dans les territoires. Surtout, la fermeture programmée d’un grand nombre d’agences bancaires dans les prochaines années va laisser un vide dans les zones rurales. Les autorités pensent que l’essor du cash back permettra de le combler.

À CONTRE-COURANT DE LA TENDANCE ?

À l’heure de l’essor du paiement mobile et du paiement sans contact, notamment pour les petits montants, l’introduction de cette pratique peut sembler à contre-courant de la tendance et même des objectifs des pouvoirs publics. En effet, le rapport CAP22 du comité Action Publique 2022 préconise dans la 16ème de ses 22 propositions : «Aller vers une société «zéro cash» pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale». Les réformes proposées sont radicales, par exemple la suppression des espèces, des chèques et des timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans, l’obligation pour les commerçants d’accepter les paiements dématérialisés sans montant minimum et la réduction progressive de la circulation des espèces, en commençant par l’élimination des petites pièces.

LE CASH BACK DANS LES COMMERCES

Concrètement, le cash back fonctionne de la manière suivante : on achète par carte bancaire un bien coûtant par exemple 20 € mais on effectue un paiement de 60 € afin de récupérer 40 € en espèces. Cette méthode a pour objectif de faciliter l’accès au retrait dans les zones où les distributeurs sont moins présents. Le décret du 24 décembre 2018 indique que le montant minimal d’achat effectué est fixé à 1 €, le montant maximal que le commerçant peut rendre au client étant fixé à 60 €. Ce service ne peut être fourni qu’à la demande du client avant le paiement. Les paiements par chèque, titre papier (chèque-cadeau, chèques-vacances), carte prépayée… ne peuvent pas donner lieu à la fourniture d’espèces.

AUCUNE OBLIGATION POUR LES COMMERÇANTS

Au cours de la présentation du projet de loi, la secrétaire d’État à l’Économie Delphine Gény-Stephann a listé les avantages liés à l’arrivée de ce service dans les commerces français. Les commerçants pourront ainsi proposer un nouveau service à leurs clients, qui «permettra d’attirer davantage de clientèle par l’ouverture d’un service additionnel». Toutefois, ce service s’effectuera «uniquement sur la base du volontariat chez les vendeurs», a précisé la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). «Il s’agit surtout d’un besoin exprimé par le consommateur. Nous sommes à l’écoute du client mais rien n’oblige un magasin à pratiquer le cash back».

QUELLES INFORMATIONS OBLIGATOIRES ?

Depuis le 29 janvier 2019, un arrêté impose l’affichage obligatoire d’informations à proximité des terminaux de paiement ou du lieu d’encaissement, afin d’informer les consommateurs :
– de la liste des instruments de paiement acceptés ou refusés ;
– du montant minimal de l’opération de paiement d’achat dans le cadre duquel des espèces sont fournies (1 €) ;
– du montant maximal que le commerçant peut rendre au client (60 €) ;
– de l’indication du caractère gratuit ou payant du service et, dans ce cas, les frais et commissions perçus TTC. Dans les pays européens qui pratiquent le cash back, la norme est de ne pas le facturer.
Le non-respect de ces prescriptions est passible d’une contravention de la 5ème classe, soit 1.500 €.

 

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