ON VEUT BIEN CROIRE QUE L’ON PEUT CHANGER DE VIE. MAIS ENTRE LES EMPRUNTS, LES ENFANTS ET NOTRE BOSS, ON SE DEMANDE COMMENT FAIRE. LA JOURNALISTE CHARLOTTE SAVREUX A POSÉ LA QUESTION À DES PERSONNALITÉS DONT ON CONNAÎT LA RÉUSSITE. ET ON SE SENT MOINS SEULE !
Propos recueillis par Clémentine Samuel

 

le déclic… pas celui de la BD de Manara, mais celui qui permet de dépasser ses limites et celles que nous impose notre environnement, notre parcours et les accidents de la vie, on aimerait bien y croire mais on doute. Pourtant, certains l’ont eu et Charlotte Savreux les a recontrés : «Artistes, chefs d’entreprise, politiques, écrivains, aventuriers…, ensemble ils pourraient gouverner la France. Après des premiers pas chaotiques dans la vie ou des réussites suivies de revers, ils ont eu la puissance du déclic pour réorienter leur trajectoire et sublimer leur vie en s’accomplissant là où on ne les attendait pas, au-delà même de leurs espérances».

Forcer le destin
Mercedes Erra est l’une des femmes les plus puissantes de l’univers de la pub. Fondatrice de BETC, elle est aujourd’hui la présidente d’Havas Worldwide. Une position qu’elle a acquise de haute lutte : «Je dois ma réussite à mon entêtement. Parce que les choses ne m’ont pas été données au départ, j’ai développé très jeune le goût de l’effort. J’ai toujours pensé que c’était impossible de me freiner, et qu’on me dicte ma vie». Et elle a commencé jeune à forcer ainsi le destin : «À mes débuts, je cherchais à faire un stage dans la publicité, j’avais été convoquée par la directrice des ressources humaines d’une des entreprises pour lesquelles j’avais postulé. Elle s’était aperçue que j’avais présenté ma candidature à deux offres de stage différentes, et m’avait «engueulée» : «Mais de quel droit postulez-vous aux deux stages ? Et si chaque responsable de stage vous choisit, vous aurez l’air maligne». Je lui avais alors répondu : «Et en quoi je n’aurais pas le droit de choisir moi aussi ? Parce que je suis plus jeune ? Je ne cherche pas à faire mal, je cherche juste à faire le stage le plus intéressant». J’ai finalement été prise. J’avais 25 ans, ce stage a changé ma vie. Cette féministe engagée, qui a mené de front sa brillante carrière et l’éducation de ces cinq enfants, est convaincue que tout est possible : «Ayons conscience que nous vivons dans un pays plein de richesses qui permet, si on s’en donne la peine, de faire ce que l’on aime. La chance suprême est de trouver sa voie. La réussite n’est pas une affaire de Rolex, mais de faire ce qui nous fait plaisir».

S’accrocher à ses rêves
C’est l’un des animateurs et producteurs français les plus en vue. Son émission Rendez-vous en terre inconnue réunit plus de 8 millions de téléspectateurs à chaque diffusion. Difficile à croire, mais, avant ce succès, Frédéric Lopez était en pleine crise existentielle il y a une quinzaine d’années. Licencié de France 2, au chômage, c’est en suivant une psychanalyse qu’il a trouvé le fil conducteur de sa résurrection personnelle et professionnelle, le bonheur. Pourtant, son projet original, confronter une personnalité à un peuple lointain, dont la culture et les traditions sont menacées par un mode de vie moderne, n’a d’abord séduit aucune chaîne ! Frédéric Lopez a encaissé des dizaines de refus. Pour parvenir à produire cette émission en laquelle il croyait profondément, il a même dû hypothéquer sa maison ! Et il s’est passé 4 ans avant que l’émission ne soit enfin diffusée. 4 années pendant lesquelles l’animateur s’est accroché et n’a pas «lâché le morceau», s’obstinant contre vents et marées. Son conseil : «Quand vous croyez dur comme fer à votre idée, ne vous laissez pas influencer par les désabusés : persévérez !».

 

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