Élodie Arnould est l’une des pépites de la nouvelle scène humoristique parisienne. Mais ce qui fait le succès de cette petite bombe de drôlerie aurait pu lui jouer de mauvais tours, si elle n’avait pas su en faire un atout.
Propos recueillis par Clémentine Samuel

 

Au départ, vous n’aviez pas prévu d’être humoriste…
Pas vraiment ! Ce n’était pas un rêve de petite fille, mais j’ai découvert que ça me rendait heureuse de faire rire les gens, un peu par hasard. J’ai fait des études d’ingénieure en mécanique et, pour mon premier job, j’ai été nommée à Marseille, où je ne connaissais personne en dehors de mes collègues de travail. Pour me faire de nouveaux amis, on m’a conseillé de faire du théâtre d’impro. Et j’ai tout de suite adoré. Ça a vraiment été un exutoire. C’est le contraire du métier d’ingénieur où il faut être très sérieux, ce qui était très difficile pour moi, même si je faisais de mon mieux. Avec l’improvisation, je faisais sortir toute la folie qui était en moi. Et depuis 4 ans c’est mon métier.

Ne pas être sérieuse dans l’univers professionnel, cela vous a-t-il posé des problèmes ?
À moi, non… mais à mes supérieurs, oui [rires] ! Cela les gênait véritablement. J’ai un rire très sonore, et quand je plaisantais avec un collègue, on m’entendait dans tout le couloir. Mon chef me disait que c’était gênant pour l’image de l’entreprise… alors que l’on ne recevait pas de clients. En fait, ce n’était que lui que ça dérangeait. Cela n’avait aucun impact sur la qualité de ce que je faisais, on travaillait juste dans la bonne humeur. Mais cela ne collait pas à l’idée qu’il se faisait du sérieux. C’était juste une question d’image.

Avez-vous essayé de changer ?
Au début, oui. Mais je n’y arrivais pas, j’ai dû tenir deux semaines. On essayait de ne pas faire de bruit, de rigoler doucement, comme on fume en cachette. Et le naturel est revenu au galop… [rires].

Vous dites aussi que vous êtes fainéante. Difficile à croire pour une ingénieure…
Pourtant, c’est vrai. Je suis une fainéante-filoute. Dans toute ma scolarité, je cherchais un moyen mnémotechnique pour retenir les choses sans avoir à me forcer. Par exemple, je me souviens que, pour la liste des planètes du système solaire, j’avais inventé une phrase : il y avait dedans «sacrifier une naine putain» pour Saturne, Uranus, Nepture Pluton… Efficace, non ? Et j’ai eu la chance d’avoir de très bons profs qui m’ont mis les bonnes images dans la tête. Du coup, lorsque je ne comprenais pas, je revenais à ces bases. C’est pour ça que j’ai choisi les maths, tout était très logique, très clair, pas du tout abstrait.

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