Comment faire de lui un type bien…

IL EST BEAU, IL EST FORT, IL SENT BON LE SABLE CHAUD… MAIS CÔTÉ MODERNITÉ, IL A ENCORE QUELQUES PROGRÈS À FAIRE, NOTAMMENT CONCERNANT L’IMAGE DE LA FEMME (NOUS, DONC). S’IL N’EST PAS TOTALEMENT BLOQUÉ AU NÉOLITHIQUE, RIEN N’EST PERDU.
Par Clémentine Samuel

Il est 19 heures. Vous rentrez d’une grosse journée de travail. Comme «vous aimez cuisiner», c’est vous qui vous occupez du repas. Comme vous avez fait le repas, vous mettez la table. Tant qu’à faire, vous nettoyez la cuisine, vous débarrassez, mettez le lave-vaisselle en route. Et là, votre cher et tendre (enfin, celui que vous persistez à considérer comme tel) vous reproche de ne pas vous occuper de lui, sous-entendu, de ne pas être sexy et disponible. Une caricature ? De plus en plus souvent, oui. Fort heureusement. Mais les hommes ont encore du mal à tirer un trait sur des siècles de domination masculine, souvent confortés par maman, et certains considèrent encore que mettre leur linge sale dans un panier est une bonne définition du partage des tâches ménagères….

D’abord… on parle !

Intellectuellement, la plupart des hommes ont bien compris que leur partenaire n’était ni une maman de substitution (celle qui faisait son lit quand il allait à l’école), ni une courtisane disponible pour son bon plaisir. Mais, au quotidien, les mauvaises habitudes reviennent parfois à la surface. Sans que l’homme en soit forcément conscient. Ainsi, pour les tâches ménagères, les hommes estiment qu’ils en font beaucoup plus que les générations précédentes, ce qui est vrai, et autant que les femmes, ce qui est faux. Les chiffres sont têtus : en France, les femmes gèrent la lessive (94%), la vaisselle (81%) et le repassage (79%). «La plupart des hommes de plus de 40 ans appartiennent à une génération qui n’a pas appris à s’impliquer dans ce domaine», explique le directeur de l’Institut de la famille, Éric Trappeniers. De notre expérience personnelle, cela concerne une bonne partie des trentenaires aussi… Même chose pour le sentiment de possession, typiquement masculin (bon, parfois, nous aussi, on se montre un peu trop jalouse, mais ce n’est pas pareil). Ce n’est pas forcément la négation de notre individualité. «Sans être une preuve d’amour, ce sentiment peut résulter de la peur de perdre l’autre», analyse la psychothérapeute de couple Jill Bourdais. Qui ajoute qu’il est toujours possible de faire évoluer les choses : «Ouvrez la négociation sans heurts. Parlez-en avec lui, expliquez-lui combien son attitude vous perturbe. N’hésitez pas à le diriger, dans la bonne direction, sans être autoritaire. Et n’exigez pas trop d’un coup».